30/05/2017

Trois chaudières biomasse equippées de capteurs d’humidité SWR

Arras, préfecture du Pas-de-Calais et ancienne capitale du comté d’Artois, est aujourd’hui engagée dans la transition énergétique. La collectivité a ainsi entrepris, dans le cadre de sa communauté urbaine, l’extension et l’interconnexion de ses réseaux de chaleur, avec mise en […]


Arras, préfecture du Pas-de-Calais et ancienne capitale du comté d’Artois, est aujourd’hui engagée dans la transition énergétique. La collectivité a ainsi entrepris, dans le cadre de sa communauté urbaine, l’extension et l’interconnexion de ses réseaux de chaleur, avec mise en place d’une chaufferie à bois permettant de porter à plus de 50 % le recours aux énergies renouvelables de l’ensemble.

Évolution du chauffage urbain d’Arras

La communauté urbaine d’Arras disposait avant ce projet de deux réseaux de chaleur distincts : celui de Saint-Pol à l’Ouest, regroupant principalement des logements collectifs (Saint-Pol, Baudimont, les Blancs Monts et les Hochettes), et l’Atria vers le centre-ville avec la Tour Saint-Jean. Dans ce secteur coexistaient également d’autres réseaux dont celui du centre hospitalier et celui des Bonnettes, avec sa clinique et alimenté par une cogénération à gaz. Le projet a permis d’interconnecter tous ces moyens de production, de les étendre notamment vers le quartier d’habitations aménagé dans la citadelle Vauban (classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008), et d’alimenter la base de ce nouvel ensemble avec une chaufferie de plus de 15 MW exclusivement alimentée en bois.

En appoint et secours de la nouvelle chaufferie bois, qui couvre d’ores et déjà 55 % de l’ensemble des besoins, et qui en couvrira à terme 70 %, certains moyens de production existants ont été conservés :

  • la chaufferie gaz de Saint-Pol (17 MW) mise à disposition par Pas-de-Calais Habitat ;
  • la chaufferie fioul domestique des Hochettes (7 MW) mise à disposition par Pas-de-Calais Habitat ;
  • la chaufferie gaz de l’hôpital (13,7 MW) utilisée en délestage et mise à disposition par le Centre Hospitalier ;
  • la chaufferie gaz du centre d’affaires Atria (2 MW) ;
  • l’unité de cogénération des Bonnettes équipée de trois moteurs produisant 10 MWé et 10,2 MWth, et fonctionnant en première base de novembre à avril.

Historiquement, les concessions de réseaux de chaleur d’Arras Ouest et Atria ont été portées par la ville d’Arras. Depuis le 17 juin 2011, c’est la communauté urbaine d’Arras qui a pris le relais. Celle-ci est ainsi compétente pour les actions de maîtrise de la demande d’énergie, y compris pour la création, la gestion et l’aménagement des réseaux de chaleur avec reprise des installations gérées jusqu’alors par les communes.

Le nouveau chauffage urbain d’Arras

Le projet comprenait donc :

  • la création d’une chaufferie à bois de 15,5 MW à haut rendement situé à l’arrière de la zone commerciale de Dainville ;
  • le développement du réseau vers la citadelle, le centre-ville et l’Atria pour ne faire plus qu’un seul réseau communautaire. Ceci représente une extension de réseau de 10 km qui porte à 20,7 km le linéaire total. Ce réseau permet de desservir 77 abonnés à ce jour, représentant 8 500 équivalents-logements, et à terme plus de 105 abonnés ;
  • la création de 42 nouvelles sous-stations venant s’ajouter aux 57 existantes,
  • une puissance disponible de 50 MW et la livraison de plus de 85 GWh/an de chaleur.

La nouvelle chaufferie à bois à haut rendement

Les travaux ont démarré en juillet 2015 pour se terminer en octobre 2016, date de la mise en service de la chaufferie biomasse. L’installation consomme 13 000 tonnes de plaquettes forestières par an, ce qui permettra d’éviter l’émission de plus de 10 000 tonnes de CO2 chaque année.

Vue sur les trois chaudières WEISS de la chaufferie de la Communauté Urbaine d'Arras, photo Frédéric Douard

Vue sur les trois chaudières WEISS de la chaufferie de la Communauté Urbaine d’Arras, photo Frédéric Douard

L’installation thermique est constituée de trois chaudières WEISS en eau chaude de 3,5 + 6 + 6 MW à grille mobile et échangeur vertical. Ce dimensionnement en trois chaudières permet une couverture des besoins compris entre 1 et 15,5 MW dans des conditions optimales de combustion.

Les deux convoyeurs de bois en sortie de silo, photo Frédéric Douard

Les deux convoyeurs de bois en sortie de silo, photo Frédéric Douard

 

Le bois est livré dans un large silo enterré par cinq portes d’accès ventilées, offrant chacune deux points de déversement : un en butée en fond de silo et un en milieu de silo par une trappe carrossable. Ce dispositif permet de déverser quatre camions de 100 m³ par travée et de garantir une autonomie globale par grand froid de 3 jours minimum.

Le bois est extrait du silo par 19 échelles racleuses de 12 m de longueur avant d’être conduit en chaufferie par deux convoyeurs à chaînes à graissage automatique : l’un est dédié à la première chaudière de 6 MW, et l’autre, grâce à un répartiteur, aux deux autres chaudières. L’étanchéité des sas d’alimentation d’avec les convoyeurs est réalisée par des guillotines, des organes de fermeture fiables.

 

La combustion est régulée par un dispositif de mesure en continu de l’humidité du bois, installé sur chaque sas de chaudière. Ce dispositif, fourni par SWR, fonctionne par mesure haute fréquence basée sur les variations apportées par l’humidité à la constante diélectrique de la matière en vrac.

Sonde de mesure en continu de l'humidité du bois dans le sas d'alimentation d'une chaudière, photo Frédéric Douard

Sonde de mesure en continu de l’humidité du bois dans le sas d’alimentation d’une chaudière, photo Frédéric Douard

Article paru dans le Bioénergie International n°47 de janvier-février 2017 Lire la suite ici 

Auteur : Frédéric Douard, en reportage à Arras

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Frédéric Douard, en reportage à Arras