12/02/2019

Surveillance des émissions de CO2 biogénique

S’il est aujourd’hui parfaitement admis que la valorisation énergétique des déchets peut être considérée pour partie comme renouvelable, du fait de la part de composés organiques incinérés, l’évaluation de cette part renouvelable des intrants et donc de l’empreinte carbone réelle de la chaleur ou de l’électricité produite par les incinérateurs reste imprécise.


Or pour mieux communiquer sur la valorisation thermique, favoriser l’acceptabilité sociale des installations, voire à terme de s’inscrire dans les processus de marché carbone, cette donnée peut s’avérer précieuse. D’où le développement par ENVEA d’une prestation analytique spécifique permettant de qualifier l’origine du CO2 émis – biogène ou fossile – par l’incinérateur.

Sur le fond, le principe est connu, puisqu’il s’agit de la datation au carbone 14, tech-nique mature dans son application sur des échantillons gazeux de fumées. Mais ENVEA a dû travailler précisément sur les procédures et techniques de toute la chaîne ana-lytique pour garantir la qualité et la fiabilité des données finales, même si le concept est similaire à celui déjà bien maîtrisé pour les dioxines, à savoir le prélèvement sur cartouche filtrante (AMESA). Amesa-B-surveillance-CO2-biogène

Il a ainsi fallu cadrer la manière de prélever l’échantillon pour garantir que seul le flux de fumées était prélevé (et pas l’air ambiant avoisinant), trouver le bon matériau d’adsorption pour fixer le CO2, savoir gérer et maîtriser la bonne quantité d’échantillonnage (proportionnelle au flux de combustion) sur la durée du prélèvement (qui peut aller jusqu’à 4 semaines) pour être sûr de ne pas saturer le matériau (et ne pas risquer une désorption) et valider le protocole d’analyse avec les laboratoires en capacité de réaliser ces datations avec des spectromètres de masse par accélération (deux ou trois laboratoires au monde).

L’ensemble de cette chaîne analytique a été finalisé courant 2018, permettant à ENVEA d’entamer avec la FNADE (Fédération Nationale des Activités de la Dépollution et de l’Environnement) une grande campagne d’essai en situation réelle sur diverses unités d’incinération d’OM, de CSR ou avec des cimentiers. Cette campagne, appuyée par l’expertise du cabinet Merlin, a pour objet la validation complète du protocole mais aussi l’étude de l’intégration des données dans un bilan carbone global des filières de valorisation thermique des déchets.

Un premier point est en tous cas à noter : alors qu’on estime en général à 50 % la part de renouvelable dans les filières d’incinération, elle avoisinerait plutôt les 60, voire 70 % dans certains cas.


Extrait du numéro 281 de Green News Techno, publié le 29 janvier 2019

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